MANAL ISSA, QUAND UNE INGENIEUR FAN DE GAMING SE REVELE GRANDE COMEDIENNE


  Photos de Julien Bourgeois

Manal Issa a 23 ans et crève déjà l’écran. A l'affiche de l'excellent film "Peur de Rien" de Danielle Arbid (on vous le conseille fortement les Paulette) elle tient le premier rôle et interprète une jeune libanaise récemment arrivée en France. Seule dans la capitale, elle va devoir se débrouiller pour survivre et va croiser différents hommes et groupes d'amis plus ou moins fréquentables sur son chemin...
Un personnage au caractère bien trempé qui ressemble trait pour trait à celui de cette jeune actrice montante, troublante de beauté et armée d'une franchise déstabilisante ! Rencontre.


Paulette : C'est la première fois que l'on te voit sur grand écran, peux-tu te présenter ?
Manal Issa : J'ai 23 ans, je m'appelle Manal, et j'étais étudiante quand j'ai été repérée pour le film. Je terminais mes études d’ingénieur industriel à l’Istia à Angers quand j’ai reçu un message sur Linkedin en me demandant si je voulais passer le casting pour le film Peur de rien. Je l’ai passé, et voilà, j'en suis là aujourd'hui !

Tu ne te destinais pas du tout au cinéma. Pourquoi as-tu été choisie à ton avis ?
La réalisatrice Danielle Arbid a vu une photo de moi sur le net et, comme tout le monde est d'avis de dire que l'on se ressemble physiquement Danielle et moi, je pense que c'est en partie pour. Ensuite, il y a une forte similitude entre Lina, mon personnage, et moi. Comme moi, Lina quitte le Liban après la guerre pour venir en France et trouver son chemin. Elle voulait quelqu'un qui resente le fait d’être tiraillée entre deux pays et c'est mon cas.

Dans une interview, Danille Arbid a expliqué que ta famille s’était opposée au fait que tu fasses le film parce qu’elle est censurée au Liban. Comment l'as tu vécu ?
Cette question me dérange un peu et j'ai envie de m'expliquer là dessus. Je n'ai pas envie que les gens se disent “ah, la pauvre sa famille est contre elle, et patati et patata”. Mon père ne m'a rien interdit du tout et je ne l'ai pas du tout mal vécu. En fait moi si mon père me dit “T’as pas le droit de sortir”, au fond de moi je pense “Fuck you, je sors”. Je suis ce genre la de personne. Mon père, quand je lui dis que je vais à une soirée, il me dit “Fais attention à toi !”. Là, c’est pareil. Il a voulu me protéger. Si Danielle a parlé de cette anecdote c'est plus pour dire que mon père ne voulait pas que j’aille sur le tournage, et je suis venue quand même. J'étais motivée, boostée. Et c’est ça qui est important de retenir. Quand on me dit “Ne fais pas” il faut savoir que, forcément, je vais faire. (rires).



Comme on l'a dit, tu partages beaucoup de points communs avec le personnage Lina, est ce que du coup tu t'es laissée aller à l'improvisation, étant donné qu'en plus tu n'es pas actrice à la base ?

Non, je connaissais le scénario par coeur (rires). Je n'ai jamais pris de cours de théâtre de ma vie, et du coup, j'ai préféré apprendre le texte pour mieux resentir les émotions. Tout ce que le personnage vit, je l'ai vécu : les histoires d’amour, le fait que j'étudie l'art... Tout ça, je l’ai vraiment vécu ! J’aurais pu avoir la vie de Lina en faisant d’autres choix.

Tu donnes la réplique à des acteurs comme Paul Hamy, Vincent Lacoste, Dominique Blanc… Qu’est-ce qu'on ressent quand on découvre le cinéma et qu'on travaille avec des acteurs aussi connus ?
Alors Dominique Blanc, j’ai appris beaucoup d’elle, c’est tellement une femme douce, gentille modeste. Plus tard, j’ai envie d’être comme elle ! Je l’observais tout le temps sur le tournage, elle m'a énormément inspirée. Elle m’inspire ! Vincent Lacoste, il est super intelligent, il suit le bon chemin de cinéma, c’est un peu un modèle pour moi, j'aimerais avoir sa carrière. Mais en tout cas, je ne suis pas du genre à être intimidée ou à être en admiration et dire “Wouah, tu as fait ça, ou ça, c'est trop cool”. Je suis nature, je prends les gens comme ils sont et on apprend à se découvrir.
En revanche, si eux je les connaissais de vue et de nom, je n'avais jamais entendu parler d'Orelsan. Or, il joue dans le film et lui, il savait qui j'étais. Un jour, alors que je regardais une projection de film avec Danielle, un mec est venu s'assoir à côté de moi. C'était lui mais je ne le savais pas. Là il me sort :  “Coucou !”. Je lui ai répondu direct "ça va, t’as un problème ?”. Quand j'ai appris, je me suis bien évidemment excusée mais ça devait être 6 mois plus tard...  (rires).



Qu'as tu ressenti quand tu t'es vue pour la première fois à l’écran ?
La première chose que j'ai pensé c'est : "Wow. En fait, je suis belle." Je ne m'étais jamais vue comme ça, c’était la première fois. Même les scènes où je ne suis pas bien, les cheveux en bataille et pas maquillée, je me suis dit “C’est dingue comment cette caméra m’aime”. Vraiment, je ne m’attendais pas à ça, je me suis sentie jolie. J’étais en larmes pendant  une bonne heure !

Dans la vie de tous les jours, tu es très naturelle, tu ne te maquilles pas et tu t'habilles confort avant tout (lors de l'interview Manal porte un jean, des baskets et un sweat Superman)... ça nous change des autres comédiennes, toujours très apprêtées. 
Ahah mais ça c'est parce que je suis une gameuse !

Ah bon ?
Oui, je suis une passionnée de jeux vidéos. Je vis pour ça ! Je suis une dingue de League of Legends. Je stream en ligne et je peux jouer jusqu'à 7h par jour. Pendant un festival de cinéma qui durait 5 jours, j'ai d'ailleurs menti en disant :  “je vais acheter des cigarettes” et en fait je cherchais des cybercafé pour jouer une partie (rires) ! Je suis accro.

Mais du coup comment répartis-tu ton temps entre ton métier, le cinéma, le jeu... ?
Je me débrouille ! Là je suis retournée au Liban où je suis ingénieur et je continue de jouer. Sinon j'ai tourné dans le prochain film de Bonello. Et actuellement je tourne un film avec Nadim Tabet, son titre provisoire c’est “Un concert”. C’est un film d'un jeune libanais, très moderne, très rock. Avec de la déprime, de la drogue... On ne dirait pas franchement mais c'est chouette comme film (rires)
Et sinon en ce moment aussi j’écris un film sur les maladies mentales. Dedans j'aimerais bien jouer le rôle d'une dépressive. Ou une folle. Un rôle pas normal quoi. Je veux un truc d'osé, je veux un réalisateur qui n’a pas peur. Si il veut parler d’une fille qui adore manger les chats alors banco, je suis celle qu'il cherche (rires) ! De manière générale, si on me propose des rôles pas osés alors plutôt continuer à être ingénieur. Voici mon crédo !

Un petit mot à nos lectrice avant de se quitter ?
J’aime les femmes, j’adore les femmes. Nous sommes fortes. Alors les filles, soyez fortes et aimez la vie !




> Peur de rien de Danielle Arbid
Sorti le 10 février 2016

LOUISE CAILLEBOTTE

Louise, 19 ans, Lorient
Une lubie : regarder tous les films avec Benedict Cumberbatch
Un plat : la paëlla
Une chanson : Dancing Queen, Abba
Un endroit : une baignoire
Une devise : le gras, c'est la vie.
> https://twitter.com/LCaillebotte

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