LES SEINS QUI GRONDENT : DE LA BRODERIE A LA LIBÉRATION DE LA PAROLE

Crédit : instagram / @so.sorry.darling 

Avec son compte instagram @so.sorry.darling et l’initiative « Les Seins qui grondent », Manon s’empare de l’occasion Octobre rose pour offrir un espace d’expression, afin de libérer la parole sur un sujet passé à travers les radars jusqu’à maintenant (en tout cas sous cet angle-là) : les seins et leur traitement par la société. Il s’agit donc de partager, de manière anonyme les histoires qu’on lui envoie, des confessions qui ont pour sujet les nénés, vous l’aurez compris.


La société étant ce qu’elle est, les seins féminins se retrouvent être des objets hyper sexualisés et il apparaît presque normal pour beaucoup de s’autoriser des blagues, commentaires, remarques, alors que concrètement on n’a rien demandé – « Eh Jean François t’as froid ? Ah non ? Parce que t’as les tétons qui pointent », non on n’a jamais entendu ça non.
 
Crédit : instagram / @so.sorry.darling

Farfelues, aberrantes, des histoires que beaucoup (toutes ?) les femmes connaissent de près ou de loin, parce qu’on en a vécu de similaires, parce que c’est arrivé à nos amies, nos sœurs, nos cousines … Que les seins soient petits, moyens ou gros, tombants, ronds ou même carrés … ils sont sujets à des commentaires dont on se serait bien passé. « Alors, c’est quand la puberté ? Parce qu’avec tes petits seins, faudrait s’inquiéter, aucun garçon ne s’intéressera à toi ! » Mais oui, vous l’avez, vous aussi votre petite histoire. Le pire étant que votre histoire, vous la tenez peut-être de cette période ô combien délicate de l’adolescence, où cette petite phrase vous a obligé à vous remettre en question, à rembourrer votre soutif ou à cacher votre poitrine parce que vous en aviez honte.  
 
C’est en partageant le message : « Toutes les poitrines sont belles, elles ne vous définissent pas en tant que femme, ni en tant que personne ! » que les femmes pourront se réapproprier leurs nichons et leur corps, par la même occasion : soyons claires, chacune fait bien ce qu’elle veut avec ses seins et personne n’a besoin de subir ces commentaires puérils et déplacés. Alors, vous l’avez compris, chez Paulette on adore l’idée et on soutient les initiatives comme celle des « Seins qui grondent » car elles mettent le doigt là où ça fait mal, et parce que parler c’est déjà un pas vers le changement.

Crédit instagram / @so.sorry.darling
 
C’est donc en cette douce après-midi d’automne que nous avons rencontré la super nana à l’initiative du compte instagram « Sorry darling » : une occasion pour discuter de la campagne « Les Seins qui grondent » et pour lui poser quelques questions. Elle nous explique tout d’abord l’origine du projet : « Moi en tant que femme, la remarque qu’on m’a fait le plus souvent sur ma poitrine, c’est que j’ai les seins qui tombent. Je l’ai détourné en « les seins qui grondent » ». A la base, ça s’est fait sur une impression, je me suis dit : j’en ai marre qu’on me fasse des remarques sur ma poitrine et puis je me suis rendu compte que ça arrivait à tout le monde ». Puis elle nous raconte comment les choses se sont accélérées : « J’ai fait un appel ouvert aux personnes qui suivaient mon compte en disant : si vous avez des choses à raconter par rapport à ça, allez-y. J’ai commencé à recevoir beaucoup de DM de personnes qui ont commencé à me raconter ce qui leur était arrivé, puis je leur ai demandé si je pouvais publier leurs messages que j’archive sur une story permanente. »
 
Crédit instagram / @so.sorry.darling

Elle nous explique pourquoi il est important, selon elle d’encourager les femmes à s’exprimer sur ce sujet : « Ce qui me fascine, c’est que physiquement, la poitrine n’a rien de sexuel, on a deux seins comme on a deux mains. Mais il a ce côté domaine public qui est passé par la sexualisation de la poitrine et donc on va parler de la façon dont la femme va montrer ou non sa poitrine. Il ne faut plus que ça bascule dans la normalité. C’est pour débanaliser tout ça, pour ouvrir la porte aux femmes qui ont envie d’en parler, pour faire prendre conscience aux personnes qui lisent que ce n’est pas normal. »
 
Quant à de potentiels projets futurs, Manon foisonne d’idées : « L’idée c’est de poursuivre en story tant que j’ai encore des témoignages et après je suis en train de réfléchir à comment en parler pour être encore plus efficace. Je pense qu’il y a une partie des témoignages qui peuvent aussi prendre la forme de vidéos, pour que ce soit un peu plus impactant, pour ajouter des visages, que l’anonymat soit un peu plus gommé, pour que ce soit un peu plus palpable. Je note aussi les petites phrases tirées de témoignages dans un carnet, que je voudrais broder sur un t-shirt pour ensuite le faire porter à la personne à qui on a dit ça, parce que cette haine là, il faut l’exposer plutôt que la subir. »   
 
> Article de Shannon Marini

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