LE NOUVEAU VISAGE DE MAÏA VIDAL



Maïa Vidal est une nomade musicale ! Cette franco-américaine revient encore une fois avec un nouvel univers. Finis l’accordéon, les sons folk et l’innocence ! Terminées les balades cosmiques ! Maïa dévoile une autre facette de sa personnalité. Du pop, de l’électro, de l’énergie à gogo, la jeune artiste est plus fraîche que jamais.
 
Paulette : En septembre, ton troisième album You’re The Waves sera dans les bacs mais en attendant on peut patienter avec ton EP The Tide ; pourquoi proposer cet EP juste quelques mois avant la sortie de l’album ?
C’est un peu une décision de ma maison de disque. Ça faisait quand même deux ans que je n’avais rien sorti depuis la parution de SPACES?. Je crois qu’elle avait envie de donner un avant-goût au public, et aussi de préparer un peu le terrain puisqu’une nouvelle fois j’ai changé de style. Ce n’est pas un changement drastique mais il reste important !
 
Et justement, concernant ce changement, quelles différences pourra-t-on ressentir en écoutant You’re The Waves ?
Pour cet album, j’ai laissé les chansons sortir de moi. Et apparemment, en moi, il y avait plein de chansons assez pop. Tout au long de ma carrière, j’étais là “ha non, c’est trop pop, on ne va pas faire ça !” Pourtant, quand j’ai éteint mon cerveau pour composer, c’est ce qui est sorti. Cet album est plus frais, plus jeune, moins triste. En tant qu’artiste, je trouve que j’ai aussi mûri, pas dans le sens “je vais faire quelque chose de plus compliqué”, mais plus dans l’envie de me faire plaisir, sans me poser trop de questions. En fait, pour cet album, je voulais me concentrer sur ma voix. Avant, pendant les sessions de mixage, je disais toujours que je voulais moins de voix, que je ne voulais pas mettre ma voix en avant. Là, ça a été le contraire, je voulais juste chanter. C’était différent et ça m’a amenée à faire des choses un peu plus joyeuses.
 

On découvre trois nouveaux titres dans ton EP, The Tide, Bones, The Bed We Made, qu’ont-ils de si particulier pour avoir été sélectionnés pour ce format court ?
En fait, si on considère l’album comme une histoire, ça c’est le début, ce sont les chansons qui la mettent en place. The Bed We Made, ça parle de la fin d’une relation et c’est la première que j’ai écrite. The Tide, c’est plus le coup de foudre comme dans Bones et c’est la première qui avait un peu le son du nouvel album, ses couleurs, ses arrangements. Comme je disais, pour You’re The Waves mon processus était d’éteindre mon cerveau, de laisser l’inspiration venir comme ça, vraiment naturellement ; et par exemple The Tide, je l’ai composé dans la voiture. J’étais en train de conduire et d’un coup, il y a une mélodie, des paroles qui me sont venues. Ça m’est entré dans la tête. J’ai enclenché le dictaphone de mon Iphone et j’ai commencé à enregistrer. J’étais là, je chantais, je tapais sur le volant. C’était vraiment organique, naturel. Tout venait au hasard ! C’était un moment d’inspiration très frais et accidentel. Il y a des choses inévitables, plus grandes que soi et avec The Tide ça a été ça, c’était comme une marée, j’avais l’impression de me noyer dans une mer d’émotions.
 
 
Dans cet EP, il y a aussi trois remix qui revisitent tes chansons en leur donnant des notes électro, pourquoi les as-tu choisies ?
Le fait d’avoir mis des remix, c’est la preuve qu’avec ce nouvel album c’est différent. J’étais toujours très jalouse avant, je ne voulais pas que quelqu’un touche à mes chansons. Collaboration zéro. Je voulais tout contrôler ! Et justement, avec cet album, tout a été tellement naturel qu’il n’y avait plus de raison pour refuser une collaboration. Par exemple, la chanson Bones, c’est fou, mais au départ c’était un brouillon d’à peine une minute, je l’avais mis sur un disque dur et je n’y avais plus touché. A un moment donné, mon co-producteur (Giuliano Cobelli - ndlr) a pris ce disque et je l’ai laissé regarder mes maquettes. Un truc que je n’aurais jamais accepté auparavant ! Il m’a demandé s’il pouvait trafiquer la chanson, je l’ai laissé faire, et à la fin j’ai trouvé sa base musicale géniale. Du coup, j’ai fait une mélodie, des paroles et puis Bones est né. Ça me bouleverse encore quand j’y pense car c’est tellement loin de ce que je réalisais avant. Les remix aussi, c’est tout une expérience pour moi, c’est tout nouveau mais ça montre que mes chansons sont plus universelles, que tout le monde peut les reprendre et inventer un autre truc. Le remix de Bones est vraiment bien, je l’écoute tout le temps. Giuliano a remixé The Tide aussi, il voulait faire sa version et j’aime beaucoup ce que ça donne.
 
Quelles ont été tes influences pour ce nouvel album ?
A l’époque, j’écoutais beaucoup de Reggaeton, ça m’a influencée par la chanson Déjame Llegar. Je me suis aussi inspirée du groupe A Tribe Called Red qui reprend des chansons tribales pour les remixer à la sauce dubstep. Normalement, quand je commence à écrire, j’arrête d’écouter de la musique. Juste avant j’en écoute plein mais une fois que je sens que je suis en train de créer, je fais comme une cure pour pouvoir me concentrer sur la mienne. Mais faut croire qu’à des moments, je me laisse influencée inconsciemment (sourire). Je pensais qu’écouter du Reggaeton ça n’allait pas avoir de répercussion sur ma composition mais finalement, si !
 
Le 22 juin, tu étais en concert au Comedy Club, le public a-t-il été réceptif à tes chansons malgré cette longue période d’absence ?
J’avoue que j’étais hyper nerveuse avant le concert parce que la dernière fois que j’étais venue à Paris c’était très différent. J’avais un accordéon, il y avait beaucoup d’éléments acoustiques, c’était très folk. Maintenant, je chante en Anglais et en Espagnol, mes chansons sont plus tournées vers l’électronique, la pop. J’étais très anxieuse, je me disais “ha non, ils ne vont pas aimer” mais en fait, ils m’ont complètement surprise. Ça a été un public chaleureux. Pour dire que je n’ai rien compris, quand on a joué la chanson la plus sauvage du set, Luna dans laquelle mon chant est très tribal, je faisais des percussions en sautant partout, j’étais en transe et je n’osais pas ouvrir les yeux car j’avais peur de voir les gens partir. Mais quand on a arrêté de jouer, on a entendu un énorme wahou dans la salle. Ça a été le plus gros applaudissement du concert. Je leur ai demandé “c’est pas possible mais ça vous a vraiment plu ?” et là ils ont encore hurlé de joie !

 
Et qu’est-ce que tu ressens quand tu es sur scène ?
J’ai l’impression d’être dans des montagnes russes ! C’est toujours la même histoire, les quinze minutes d’attente avant de monter sur scène, je suis très très nerveuse. Je suis toute pâle, j’ai l’impression que je vais vomir et je me dis que je ne peux pas aller devant le public. Et une fois que j’y suis, c’est “this is awesome”, c’est génial ! Je suis bien ! Il faut que je sorte de ma tête, que je sois là en vrai, en tout coeur et en tout corps, que j’oublie mes craintes pour profiter du moment. Hier soir (le 22 juin - ndlr), je me suis éclatée ! J’ai vachement changé le set pour être plus libre et communicative. J’ai quand même trois instruments mais avant j’en avais sept, j’étais assez chargée et je ne pouvais pas être vraiment présente. Maintenant, j’ai compris que le plus important c’était d’être présente, d’être plus fun. Je chante, je danse, je m’exprime, je suis libre ! Dommage pour l’accordéon ! Mais ça me donne tellement de joie de faire ça aujourd’hui ! C’est communicatif, les gens dansent aussi, il y a un échange d’énergie addictif. Je prends énormément de plaisir ! Et comme j’ai fait presque un an et demi de pause, je suis toute fraîche, j’ai plein d’envies.
 
Tu parles super bien Français et tu as déjà enregistré des chansons dans la langue de Molière, est-ce qu’on en trouvera dans ce nouvel album ?
Non, mais j’ai fait deux chansons en Espagnol. Le truc avec les langues, c’est que pour chacune d’elles j’ai une attitude différente, comme avec mes instruments. En Anglais, je suis quelqu’un, en Français et en Espagnol je suis quelqu’un d’autre. Pour mon premier album, ça a été une découverte d’écrire en Français, ça dégageait quelque chose d’autre en moi. Avec Luna, j’ai expérimenté une autre partie de moi, une autre personnalité. J’ai mûri et j’ai l’impression que ma personnalité française n’a pas pu rattraper mon évolution personnelle. Le Français, c’est ma deuxième langue, je l’ai toujours parlé avec mon père, avec sa famille, c’est plus relié à la petite fille que j’étais. Avec le Français, je n’ai pas trouvé le moyen d’être femme. Au début, ça pouvait fonctionner puisqu’il y avait une part d’innocence dans ma musique. Le Français allait parfaitement avec ça. Aujourd’hui, il y a un décalage. Je n’ai pas pu surmonter cet obstacle. C’est un truc de dingue de voir à quel point les langues jouent sur la personnalité. Ce n’est pas juste de la communication, chaque langue a ses émotions.
 
A quoi ressemble ton quotidien quand tu ne fais pas de musique ?
Je suis complètement lazy (paresseuse - ndlr). Ma vie est assez bipolaire. Il y a des semaines où c’est complètement chargé, c’est tout pour la musique. Et sinon, je suis très casanière et introvertie. J’aime bien être chez moi, je prends soin de mes plantes, je prends le soleil sur ma terrasse. J’ai besoin de ces moments. Je suis cliniquement introvertie mais ça ne veut pas dire que je ne suis pas sociable. Tout ce que je dépense en énergie avec la musique, je dois le récupérer en étant toute seule.
 
Un petit mot pour les Paulette ?
Je connaissais Paulette bien avant que ça devienne un magazine papier ! Aujourd’hui, j’adore toujours autant ! Et pour toutes ses lectrices : suivez vos envies !

 

MAÏA VIDAL :: THE TIDE


EMELINE PIUCCO

Emeline, assistante rédaction web, 24 ans, Nancy :
Une lubie ? Continuer à remplir ma chambre de livres
Un plat ? Des lasagnes faites maison
Une chanson ? I found a reason, de Cat Power
Une fringue ? Une robe turquoise
Une devise ? " Aimer la vie plus que le sens de la vie. " Friedrich Gorenstein
> https://twitter.com/Lilithbliss

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