LE GEORGES DU MOIS : VINCENT LAHOUZE




Tantôt surprenants, souvent touchants, les textes de Vincent Lahouze résonnent forcément en nous d’une manière ou d’une autre. Le passé l’a cabossé, mais le futur lui sourit, et ça se ressent dans l’encre de sa plume – ou les touches de son clavier, au choix. Vincent, ce Toulousain de 30 ans, je le soupçonne d’être un influenceur littéraire ; lui, il dit que non. Pourtant, avec plus de 60 k d’abonnés sur Facebook et presque 12 k sur Instagram, il n’a pas à douter de son succès. Dans un monde où la digitalisation est en marche, il a su marier les réseaux sociaux à un art vieux comme le monde, la littérature, pour nous titiller régulièrement la glande lacrymale – ou, au moins, nous secouer les émotions –, voire susciter en nous l’envie de s’essayer à l’écriture.

Propos recueillis par Juliette Minel


Tu nous parles de la manière dont tu t’es lancé dans l’écriture ? 
J’avais à peine 18 ans et je cumulais les plus gros clichés, à savoir une rupture amoureuse, le coeur qui se déchire et qui se déverse sur le sol. J’ai commencé à écrire d’abord pour moi, puis rapidement, avec mon meilleur ami, on a ouvert un Skyblog. Très vite, nous avons eu du succès, alors je me suis dit que mes écrits pouvaient plaire. Quand je relis certaines productions… j’ai un peu honte. C’étaient des blocs, sans aucune respiration, sans aucune forme. Peu après, j’ai découvert Facebook. Au début, j’écrivais des statuts en langage SMS, c’était… particulier (Rires). Puis j’ai commencé à me prendre au jeu, à écrire des moments de vie, des tranches de mon quotidien, des bribes de mon passé. Petit à petit, les gens ont commencé à me lire et me suivre.

Aujourd’hui, il y a un véritable engouement sur tes réseaux sociaux. Tu t’y attendais ?
Honnêtement, non. L’engouement est arrivé d’un coup, après quelques textes qui ont été largement partagés. Ce n’était pas évident, de passer d’un simple mec à un personnage public. Mais c’est le jeu. J’ai pris le parti d’avoir un profil ouvert, où je me livre sur beaucoup de choses, avec ou sans filtre. Cela apporte son lot de félicitations et d’insultes. C’est ainsi. Avec le temps, on apprend à s’armer et à se blinder.

Ça en dit long sur ceux qui pensent que les réseaux sociaux se développent au détriment de la littérature, de l’écriture, de l’amour des mots, non ?
(Rires) Effectivement ! À mes débuts, il n’y avait pas ou très peu de pages dédiées à cet amour pour les mots. Désormais, que ce soit sur Facebook, Instagram, Wordpress, on trouve de nombreux comptes d’écriture, de poésie, de littérature, et je trouve cela bien. Les réseaux sociaux n’ont pas pour uniques missions de cracher sur tout le monde et de s’insurger pour tout et rien.


 
 
 
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Fallait bien que je pose moi aussi avec ce roman. J’ai encore du mal à réaliser que je le tiens entre mes mains. Bordel, ça y est, je peux le dire. Je suis auteur. Pas la prétention de dire « écrivain », je ne vivrai peut-être pas de ma plume. Mais j’ai créé quelque chose, j’ai accouché sur le papier. J’en suis l’auteur. (Ah, pour ceux et ceux qui ont lu, n’hésitez pas à laisser un commentaire sur Amazon, Fnac et ailleurs.. visiblement, ça se fait..) Quelle fin d’année.. Merci. ?????????? Effectivement, Toulouse, vous ne m’avez pas menti. Il ne reste plus un seul exemplaire de Rubiel e(s)t Moi à la Librairie Privat et à Ombres Blanches - réapprovisionnement mercredi -, il en reste seulement deux à Gibert Joseph et en ce qui concerne la Fnac à Jean Jaurès, rupture de stock (mais vous pouvez le commander et vous le faire livrer rapidement ???? ) Bande de folles, bande de fous. Continuez de le demander en librairie, commandez le, recommandez le, c’est fou, honnêtement. Merci, mais tellement... On se croise bientôt, promis. #vincentlahouze #rubielestmoi #editionsmichellafon #rentreelitteraire2018

Une publication partagée par Vincent Lahouze ????? (@vincent_lahouze) le 1 Sept. 2018 à 11 :28 PDT


De quoi parle de ton roman, Rubiel e(s)t moi ? De ton enfance, de ton adoption, de ta construction en tant qu’homme ?
Un peu de tout cela à la fois, effectivement. C’est avant tout un roman sur la quête de l’identité, et qui je pense peut résonner en chacun de nous. C’est un roman qui a une part de réel, une grande partie de fiction. Mais avec un but commun : savoir qui on est, et pourquoi. Je ne voulais pas faire un simple témoignage sur mon adoption, raconter ma vie, mon quotidien depuis mon arrivée en France. Dans ce roman, il est surtout question de l’importance des rapports humains, entre amis, avec ses parents, avec ses amours. Je parle de mes erreurs, de mes fai-blesses, de mes failles, de mes forces. C’est une véritable mise à nu, sans masque, sans volonté de se cacher. C’est moi, dans mon plus simple appareil qui s’avère bien plus complexe que je ne le pensais. Qui suis-je ?

Tu n’es pas bien vieux, et tu as déjà un lourd passé. Quel est le chemin que tu as parcouru jusqu’ici ?
Je dis souvent que j’ai déjà vécu mille vies, cela fait peut-être prétentieux. Mais c’est pour-tant ce que je ressens. Je suis mort et j’ai ressu-scité plusieurs fois. J’ai emprunté des chemins parfois chaotiques, je ne les regrette pas, car ils m’ont permis d’être celui que je suis aujour-d’hui. Mais cela n’a pas été de tout repos, c’est vrai. Je ne vais pas forcément détailler tout ce que j’ai pu vivre, ce serait spoiler quelques passages du livre. Mais une chose est sûre, j’ai un passé et une vie extra-ordinaires.

Pratiques-tu l’écriture cathartique ?
Toujours. J’écris quand j’ai besoin d’écrire, quand cela me prend les tripes, quand j’en ressens le besoin, l’urgence au creux des reins. Je crache souvent mes textes en un seul jet, je les retravaille peu, je laisse l’émotion intacte. Mais cela fonctionne pour des textes courts, des micronouvelles. Pour la rédaction du roman, cela n’a pas été simple. Il me fallait adopter une autre méthode de travail, une certaine organisation. Cela m’a pris du temps, mais j’y suis arrivé.

Ton livre vient à peine de sortir : quels sont les retours ? Et toi, que ressens-tu ?
Je ne m’attendais pas à cela pour la sortie de mon livre ! Même si je ne doutais pas de la fidélité de ma communauté qui me suit depuis des années, je me posais la question si elle allait accepter de payer pour me lire, cette fois. Au final, au bout d’une semaine, rupture de stock un peu partout en France et ré-impression ! Je ne peux qu’être heureux. Sortir un roman était déjà une victoire pour moi, mais qu’il se vende, ce n’est que du bonheur. Chaque retour, chaque photo avec le roman me touche profondément, et me rend un brin nostalgique. La sensation de deuil après avoir écrit un livre n’est donc pas une légende... Mais tant mieux. Tout ceci me fait comprendre une chose : je veux encore écrire des histoires par la suite, ressentir la grossesse, la gestation et l’accouchement après des mois de travail. Je veux continuer à coucher avec une feuille blanche, quitte à devenir un obsédé textuel. Tout simplement.

Son roman, Rubiel e(s)t moi, est publié aux Éditions Michel Lafon

@vincent_lahouze

@lesourireauxlivres

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