LE DIKTAT DE L’APPARENCE

 C’est lors d’un week-end avec une amie, sa sœur et ses amis de 16 ans que j’ai eu cette révélation : les femmes ne sont jamais heureuses. Jeunes, les filles veulent être minces à tout prix ; plus âgées, elles cherchent la jeunesse coûte que coûte.
 
En effet, j’entendais ces jeunes, sveltes et jolies filles de 16 ans parler de régime et de leur envie de maigrir.  J’ai alors pensé que c’était une aberration. De retour à Paris, boulevard Saint Germain, j’ai croisé des femmes à qui on ne donnait pas d’âge ; pour cause, elles se ressemblaient toutes : les traits tirés, les bouches en cul de poule et l’expression figée. J’ai peine pour ces visages opérées. Peine pour nous, femmes, qui subissons le diktat de l’apparence et les règles imposées par les magazines féminins.
Au fond, sommes-nous jamais satisfaites de ce que nous avons ?
 
A bien y réfléchir, on se dit que nous sommes toujours indulgentes avec les autres femmes ; c’est vrai, quand l’une d’entre elles s’auto-critique, n’a-t-on pas un mot gentil à son égard ? Bien-sûr que si, et ce n’est pas seulement pour la réconforter, on pense réellement qu’elle est trop dure avec elle-même…
Donc, la solution pourrait être la suivante : se regarder comme une tierce personne et ne surtout pas exagérer ses défauts.
Ces fameux défauts, que sont-ils au fond ? Des petits bourrelets çà et là, une taille trop large, pas assez de seins ou fesses- alors même que vous vous trouvez trop grasse du cuissot ? Allons, souvenons-nous de la Renaissance, cette époque où la beauté était au teint diaphane et à la rondeur des corps. A notre époque contemporaine, c’est tout l’inverse : on doit être fine, bronzée quatre saisons durant et si possible, la plus naturelle.
Trouver son équilibre dans un tel contexte relève du prodige.
 
Comment ne pas être sensible aux canons de beauté véhiculés par les mannequins photoshopés des magazines ? Comment éviter l’inexorable comparaison et surmonter l'implacable sentiment d'infériorité ?
 
Le pire, c’est cette impression d’être totalement conditionnée par l’industrie de la presse féminine et de ces modèles. Ne vous est-il jamais arrivé de penser qu’un manteau léopard était très laid avant que ça devienne à la mode, si bien qu’à force d’en croiser partout, vous finissiez par trouver ça joli ? Les canons de beauté reposent sur le même processus : à force de nous montrer des corps minces, on finit par trouver le rond “hors du modèle” et c’est fortement regrettable.
 
La vieillesse quant à elle n’obéit pas aux mêmes règles : on ne peut rien contre un corps qui vieillit, c’est le lot de la vie. En revanche, on met une pression beaucoup plus importante sur les femmes, une fois encore. Ce sont elles qui se doivent de rester minces, fermes, la poitrine vaillante et les fesses rebondies, alors qu’on ne reprochera jamais à un homme d’avoir “un peu de ventre”, d’aucuns diraient qu’ils trouvent ça “mignon”…
 
Combien d’histoires se tissent autour d’un quinquagénaire quittant son épouse pour une femme plus jeune ? Il y en a pléthore. La fleur de l’âge, cette expression qui convient parfaitement à un homme d’âge mûr mais qui semble dire à une femme qu’elle perd tout pouvoir d’attraction, et que bientôt, elle ne pourra plus faire d’enfants, ce qui la rendra alors vieille (et oui, la ménopause, ça change une femme, on le sait toutes).
 
Alors, au fond, que faut-il se dire ? Sans doute que la féminité est une chance, même si elle est cruelle, qu’il faut savourer sa jeunesse et prendre le recul nécessaire pour ne pas sombrer dans les travers de ces idéaux imposés.
 


> Retrouvez Lucie sur son blog www.leslettresdelucie.fr

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