LA CRISE DES 25 ANS, ÇA EXISTE



Blues, angoisses, remises en question… Et si c’était la “crise des 25 ans” ? Pas de panique, on vient à la rescousse !
 
Qu’on l’appelle la “quarterlife crisis”, le blues des “twentysomething”, ou la crise des 25 ans, ce passage psychologique est synonyme de remise en question sur soi, et plus globalement, sur le sens de la vie.
 
Dans son dernier ouvrage intitulé “Hector veut changer de vie”, le psychiatre François Lelord s’intéresse à la crise du milieu de vie, entre 40 et 50 ans. Nous l’avons interrogé sur celle des 25 ans :
“25 ans, c'est la fin de la prime jeunesse, c'est l'âge où l'on est censé entrer dans la vie adulte,  avoir trouvé sa voie professionnelle, être autonome matériellement, moins dépendant de ses parents, avoir construit son réseau d'amis.  Mais si on se sent en retard sur un de ces points, surtout par rapport à ses pairs, ce peut être l'occasion d'une inquiétude sur soi.”, explique-t-il.
 
“Cela se manifeste par une remise en question assez soudaine de ses choix d'études ou de ses débuts professionnels, un emballement soudain pour des directions originales, parfois sans évaluer les risques, comme lors d’expatriations mal préparées,  et voir parfois par un retrait, un découragement, qui peuvent être les signes dépressifs.”, poursuit François Lelord.
 
> Nos idéaux de jeunesse mis à l’épreuve
 
Finalement à 25 ans, on se questionne, comme lors de l’adolescence, sur son avenir, mais cette fois avec plus d’acuité : Quelle orientation donner à ma vie ? Quel type d’adulte je souhaite être ?
 
Cette crise des 25 ans est positive puisqu’elle montre une plus grande maturité par rapport à la crise de l’adolescence. C’est un appel à quelque chose de plus profond que la rébellion : un appel à plus de sens”, explique Emmanuel Ballet de Coquereaumont, psychopraticien et coauteur du livre “Libérez votre enfant intérieur”.
 
“Allez, vole petit oiseau!”. Et là… on se sent comme pris d’un vertige. Car une fois le nid familial et les bancs de l’école quittés, c’est en quelque sorte à nous de jouer et, cette fois, la partie se joue dans la cour des grands. C’est bien souvent de là que nait le clash, celui entre nos idéaux de jeunesse et la réalité de la vie d’adulte.
 
“Je voulais fuir ce métier ! ”
 
Violette, 25 ans (26 dans quelques mois !) a vécu ce “clash” il y a tout juste un an. “Je suis issue d’un schéma familial classique, mes frères et sœurs  ont réussi professionnellement, ils se sont mariés jeunes, ont eu des enfants.  Pendant longtemps j’ai cru qu’il fallait que je grandisse comme ça. J’ai trouvé un travail assez rapidement à la sortie de mes études, dans une entreprise audiovisuelle plutôt prestigieuse. Au départ, j’étais pleine d’enthousiasme ! Mais très vite, j’ai réalisé que je ne me retrouvais pas dans de ce travail. Quand je rentrais chez moi le soir, je pensais à ce que je pouvais faire pour cultiver ma différence. Je voulais fuir ce métier ! ”, se souvient-elle.
 
Un matin, Violette est prise d’une crise d’angoisse dans le RER. Quelques semaines plus tard, elle donne sa démission. “Je culpabilisais. La conjoncture actuelle est telle qu’on n’a pas le choix : on doit avoir un job, gagner sa vie! ”, poursuit-elle.
 
Bien sûr la crise économique contribue à l'impression d'un avenir imprévisible, à une difficulté réelle de se stabiliser. Par ailleurs, l'idéal de l'épanouissement personnel peut rendre à la fois exigeant à juste titre, mais aussi trop impatient pour accepter les contraintes d'un premier job pas toujours valorisant”, analyse François Lelord.
 
> Trouver une épaule
 
Dans cette période de chômage et de remise en question, Violette a été soutenue par sa famille mais aussi par son petit ami, un artiste peintre de 16 ans son ainé. “Il m’a guidée vers ce côté artistique que j’avais en moi mais que je ne parvenais pas à exprimer. En le trouvant, j’ai trouvé qui j’étais”, confie-t-elle.
 
C'est un âge où justement se sentir épaulé est particulièrement important. Il ne faut surtout pas s'enfermer dans des pensées négatives sur soi - "je ne suis pas à la hauteur"- ou sur le monde - "trop dur et injuste pour moi". Consulter un professionnel est parfois nécessaire. ”, conseille François Lelord.
 
> Une crise générationnelle ?
 
Certains voient en cette crise des “twentysomething” une lubie de la génération Y, de ces “enfants rois” nés de parents soixante-huitards. Mais ne devrions nous pas y voir un malaise plus profond ? Celui d’une génération confrontée à l’instabilité professionnelle, conjugale (vive les catherinettes !), familiale, qui peine à entrer et ainsi à se projeter dans la vie adulte.
 
En  mai 68, l’élan adolescent a voulu obtenir la liberté. Aujourd’hui, comme la société ne répond pas aux aspirations des jeunes, cet élan a tendance à se réveiller de nouveau. Les adolescents appellent à plus de sens, dans une société qui manque de repères et qui ne répond pas à leurs aspirations. Ils veulent être entendus, apporter quelque chose de neuf à la société, la faire évoluer.  La jeunesse, c’est le pouvoir du renouvellement, du changement, comme une poussée vers un idéal !”, analyse Emmanuel Ballet de Coquereaumont.
 
“Faire de notre jeunesse une force”, alors elle serait là la clef ? Il s’agirait en tout cas de profiter de cette énergie, de cette vitalité pour innover, oser, entreprendre ! Et ce, tout en prenant le temps de la réflexion. Surtout, ne jamais se précipiter !  
 
> Faire de ses 25 ans une force !
 
Il y a quelques mois, Violette et sa cousine Anaïs ont ainsi créé un programme court sur internet, “Brèves de Pétasses”. Des sketches dans lesquels elles incarnent deux parisiennes très… déjantées !
Anaïs et moi avions l’envie commune de cultiver notre différence, elle dans l’écriture, moi dans l’image. On s’est creusé les méninges, on avait une volonté de créer quelque chose. Aux yeux des autres, c’était du délire, à nos yeux c’était notre profession future. On avait cet espoir que ça allait aboutir à quelque chose de concret.
 

 
Et le succès est au rendez-vous : elles ont depuis intégré la “Dim Sum Academy”, une plateforme lancée par le  comédien Fred Testot afin de promouvoir de jeunes talents. Elles tournent désormais leurs épisodes dans les studios de Dailymotion, s’il vous plait!
 
Alors, Violette, un conseil pour les Paulettes ? “Osez, 25 ans c’est beau !  Je ne gagne pas encore ma vie avec Brèves de Pétasses, mais je ne me suis jamais sentie aussi libre !
 


A lire (et relire !) :
“Libérez votre enfant intérieur pour réenchanter votre vie”, de Marie-France et Emmanuel Ballet De Coquereaumont, aux éditions Albin Michel
“Hector veut changer de vie”, de François Lelord, aux éditions Odile Jacob
 
Article rédigé par Charline Delafontaine pour Paulette Magazine

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