L'ANXIÉTÉ CHEZ LES JEUNES

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Crise économique, crise du logement, crise de l'emploi, les jeunes, eux crisent aussi. Si au premier abord, l'assurance semble au rendez-vous, à y regarder de plus près, on remarque les yeux cernés, les ongles rongés, les mâchoires crispées et les grattements frénétiques sur le rebord de la table. A la clé, insomnies, irritabilité, eczéma, mais aussi tics, tocs et paranoïa. Autant de fardeaux à traîner à peine entrés dans la vie active. Mais quelle est donc la nature de cette anxiété et comment la brider ?

> On en parle ?

L'anxiété est en phase de devenir la pathologie la plus répandue au monde et reste pourtant souvent un sujet tabou chez les jeunes. En pleine période de transition, de “mise en place” dans la vie active, l'anxiété est pourtant une réaction naturelle de l’organisme face à l’inconnu et à la prise d'indépendance. Cette anxiété nous plonge dans un état d'alerte constant et injustifié. A l'origine de ce mécanisme, un mode de vie “non stop” et ultra connecté, un cerveau en surcharge d'infos qui ne sait plus différencier les menaces réelles des menaces fictives.

> Les troubles “type”

Le trouble anxieux passager
D’un naturel relativement calme, une semaine avant un évènement, vous ressentez cette forme de stress qui s'apparente plus à du trac. Insomnies, obsessions, manque d'appétit ou au contraire syndrome dit “de l’ogre” votre horloge interne ne tourne plus très rond.

Le trouble anxieux généralisé ou l'impression d'avoir un jeune éléphanteau assis sur votre thorax et un enfant de huit ans sur les épaules h-24.
Vous vous sentez oppressé de partout, tout le temps, et complètement rincé ce qui a le don de vous rendre un chouia irritable voire franchement irascible.

Le trouble panique ou “appel a toutes les unités”.
“J'ai une migraine et c’est forcement le signe avant coureur d’un cancer généralisé.” Par ce que ça serait trop simple d'avoir “juste” une migraine… Et c'est parti pour une heure de montagnes russes tachycardie, vomissements, recherches frénétiques sur google (qu’on se le dise, dans ce genre de situation, doctissimo n'est PAS votre ami)

Alors quelles sont les causes de cette anxiété juvénile et comment la mettre KO ou au moins la rendre un peu moins débilitante au quotidien?

Si, comme beaucoup d’anxieux, le simple “détend toi un peu, lis un livre” de votre coloc/mec/mère) vous donne des envies de meurtre, voila quelques “solutions à la con” à essayer dès que l’angoisse se fait sentir. Croyez-en mon expérience, elles ne peuvent pas faire de mal, et avec un peu de chance l’une d’entre elles fonctionnera pour vous.

Solution n1 : Marcher
Si vous avez l'opportunité, partez vous promener, d’un pas vif. n’importe où, on s’en fiche (évitez quand même le périph’ et les bois sombres la nuit). Marcher permet de s'oxygéner et d'évacuer l'énergie que vous laisseriez autrement au stress.

Solution n2 : Chanter
C’est bien la dernière chose qu’on a envie de faire en cas de panique pourtant chanter régule la respiration et occupe le cerveau. Le temps de vous rappeler des paroles de “Paris Latino” ou tout autre chanson que vous n’avez pas réécouté depuis l'été 2004 et votre anxiété ne sera plus qu’un mauvais souvenir.

Solution n3 : L'auto-persuasion
On ressort la bonne vieille méthode coué. On trouve une phrase type du genre “personne n’est jamais mort d’une crise de panique” ou “j’ai survécu a Paris Latino, je survivrai à ça” et on se la répète avec conviction jusqu'à ce que le cerveau imprime.

Si vous préférez des méthodes plus conventionelles, il y en a un paquet aussi.



La thérapie cognitive
Tout d'abord la thérapie cognitive pour appréhender les situations anxiogènes au mieux. Plutôt que de se mettre à flipper au moindre bruit sourd dans la rue on essaie de comprendre d'où vient cette peur. Et on garde un oeil dessus sans pour autant la guetter ( ce qui empirerait les choses). Le mécanisme de panique arrive bien avant la réaction logique du cerveau. On prend donc le temps d'analyser sa sensation (boule au ventre/ palpitation/ nausée) et on essaie de la “rationaliser” en se disant que c'est un mécanisme automatique basé sur une impression fausse de danger que le ciel ne va pas vous tomber sur la tête. Pas facile au début mais ça s'apprivoise avec le temps.

La sophrologie
Qui dit mauvaise respiration dit mauvaise digestion, mauvaise circulation sanguine, tension, maux de tête, fatigue et stress. La sophrologie, dérivée de la méditation utilise la respiration pour ralentir le rythme cardiaque et détendre les muscles. 20 minutes d'exercices équivaudrait à deux heures de sommeil, de quoi récupérer un semblant de figure humaine pendant les semaines d'exam. On peut choisir entre des exercices dit d'urgence pour parer à un stress imminent ou inclure une routine au quotidien pour se débarrasser de tensions plus ancrées. Youtube recèle de vidéos de sophrologie !

L’exercice physique
On vous rabâche les oreilles avec le yoga ? Qu’à cela ne tienne, les exercice de yoga sont, comme la méditation bases sur une respiration régulière et des exercices répétitifs. La concentration sur les mouvements et le souffle peuvent aider à se distancer de ses angoisses le temps de la séance. Trop soft pour vous ? L'exercice physique comme la course, la natation ou la gym suédoise sont de un bon remède contre l'anxiété. Toute l'énergie physique que l'on ne dépense pas au quotidien (le cul posé sur une chaise à réviser ou au boulot) “s'accumule” et finit par ressortir autrement tensions, crises de panique etc.. Si s'épuiser au sport n'est pas une solution miracle, elle a le mérite de purger ce trop plein d'énergie et de vous débarrasser de la désagréable impression d'avoir un kilo de briques sur les épaules.

Enfin, les compléments alimentaires
Si les techniques mentales sont efficaces, les déséquilibres chimiques du corps peuvent aussi jouer un rôle dans l'anxiété généralisée. Le manque de magnésium, principal régulateur du système nerveux dans notre alimentation jouerai un rôle non négligeable dans cette augmentation des troubles anxieux. Plutôt que de gentiment s'harmoniser, les nerfs vagues et sympathiques s'affrontent constamment. A la clé : crises de panique et malaises vagal à répétition. Une cure de magnésium peut s'avérer utile en cas de période particulièrement stressante.

D'une manière générale, j'ai bien peur que l'anxiété fasse partie intégrante de notre société. Si on ne s’en débarrasse pas, on peut apprendre à l’apprivoiser, à connaître ses réflexes défensifs et à les ignorer royalement (comme les textos de son ex). Tout comme on sait qu’un estomac qui gargouille n’implique pas une mort certaine due au manque de nourriture dans la minute, on apprend que l’angoisse n’est qu’un “signal” et non pas une fin en soi. En attendant courage les Paulette, on est de tout coeur avec vous !

> Louise Baxter
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