GRAINE DE BEAUTÉ : J’AI DES TATOUAGES


Crédit photo Fanny : Charlie
 
Ce week-end avait lieu le Mondial du tatouage, l'occasion pour nous de rencontrer trois filles tatouées (et là on ne parle pas que d’une petite étoile sur le pouce) qui nous racontent leur quotidien. Si elles subissent parfois le regard critique des gens, Camille, Gaby et Fanny nous expliquent comment elles ont fait de cette différence une force.
 
Paulette : Peux tu te présenter en quelques mots ?
Camille : Je m’appelle Camille, j’ai 30 ans, je suis étudiante en naturopathie, team leader de la #boostbastille & j’ai un blog qui s’appelle mangeteslegumes.net

Fanny : Peux tu te présenter en quelques mots ? Je m’appelle Fanny, j’ai 31 ans, je suis maquilleuse dans la mode et je commence à me lancer aussi à fond dans la prothèsie ongulaire (ongles en gel).

Gaby : Je m’appelle Gaby et je suis une jeune parisienne de 22 ans, originaire de Montauban. Ingénieure de formation, je travaille actuellement chez PSA Peugeot Citroën, mais pas seulement. Je suis aussi modèle photo depuis très longtemps et bloggeuse depuis seulement quelques mois.
 
Quelle est ta particularité physique ?
Camille: J’ai pas mal de tatouages !

Fanny: Je suis, comme qui dirait, “beaucoup tatouée”

Gaby: Je ne me sens pas plus particulière qu’une autre, je dois l’avouer. Pourtant, on me fait très souvent des remarques sur mes cheveux et mes tatouages qui étonnent, surtout dans le milieu où j’évolue. Alors avec le temps, j’ai réalisé que finalement j’avais bel et bien des particularités ! J’ai un tie and dye roux qui me vaut le surnom de
Hair on Fire un peu partout ! Et je suis aussi tatouée. J’ai un hibou sur l’épaule, une glace de zombie sur la hanche, un chat dans le dos et un paysage de l’Ouest Américain sur la cuisse.
 
Est-ce une force pour toi aujourd’hui ?
Camille: Je ne sais pas si j’irai jusque là. Mais c’est une partie de mon identité que j’aime beaucoup. Je ne pense pas que les tatouages soient une force ou une faiblesse. C’est un choix social à faire (ou pas). Après je ne suis pas tatouée sur les zones sensibles (visage, mains…) donc je peux jouer les caméléons au besoin en mettant une chemise ou une robe.

Fanny:  Ca n’est ni une force ni un frein à proprement parlé mais c’est vrai qu’à certains moments, ça peut servir à marquer les esprits, ce qui est toujours utile dans mon métier, après cela ne fait pas tout, bien évidemment.  Pour ce qui est des côtés péjoratifs, je n’y ai jamais réellement fait face parce que je crois que ces tattoos font partie de moi, de ma vie et mon mode de vie, et les gens l’ont compris. Du coup, je crois être conditionnée pour ne pas être attirée par des milieux/ gens/ événements qui ne sont pas faits pour moi et qui m’empêcheraient d’être moi-même. Je vis ma vie pleinement et je préfère passer par des routes qui me correspondent à 100% où rien n’est calculé, mon mode de vie correspond à mes choix de vie... Je me sens mal dans ma peau si je dois jouer une autre personne ou “me priver” pour plaire à des gens qui de toutes façons ne m’intéresseraient pas.
Puis tu vis avec ça, le matin quand tu te lèves et que tu jettes un oeil dans le miroir, tu n’y penses même plus, pareil quand tu choisis tes tenues… alors je crois vraiment, et surtout à mon âge, avoir arrêté depuis longtemps, de me poser des questions.

Gaby: Chacun de mes tatouages a une forte signification pour moi, je ne fais pas partie de celles qui se tatouent juste parce qu’elles trouvent un dessin joli. J’ai d’abord une idée très précise du message que je veux encrer sur ma peau, et seulement après, je prends un temps considérable pour concevoir mon dessin et trouver le tatoueur idéal. C’est pour cette raison que je peux, sans hésiter, répondre oui à cette question. Mes tatouages me permettent de m’épanouir et de m’affirmer. Ils sont la trace d’un évènement ou d’une personne importante dans ma vie, alors à chaque fois que je les regarde, je me rappelle leurs significations et c’est comme un booster pour continuer à avancer.
Mes tatouages ont toujours été une force pour moi. Grâce à eux, j’ai notamment pu me démarquer quand j’en ai eu marre d’être dans le moule des étudiants. J’avais l’habitude d’être très timide et de cacher ce trait de caractère derrière de faux sourires. Me faire tatouer m’a permis de prendre confiance en moi. Grâce à eux, je me sens unique, belle, et je n’ai plus peur de montrer ce corps que je détestais auparavant. Chaque nouveau tatouage m’apporte une nouvelle force, une nouvelle confiance et surtout, une nouvelle volonté de réussir.
 

Crédit photo Gaby : Cyril Sonigo
 
Quel est ton pire souvenir à cause de cette particularité ?  Et au contraire, ton meilleur ?
 
Camille: Mon pire souvenir ? Un job de styliste qu’on m’a refusé très ouvertement à cause de mes tatouages. J’ai eu droit à des commentaires super déplacés en prime. L’enfer ! 
Le meilleur : tout le reste. Mais surtout, j’adore quand les enfants sont fascinés et viennent me poser un million de questions.
 
Fanny: Mon pire souvenir? Absolument aucun, si ce n’est la douleur pour les avoir encrés dans la peau hehe
Mon meilleur ? Ma vie au sens large du terme. Toutes mes expériences actuelles et passées sont toutes liées au tattoo.
 
Gaby: Mon pire souvenir :  Ma mère et ma sœur adorent les tatouages mais ce n’est pas le cas de mon père, ce qui est mon plus grand regret. Un soir, quand je suis rentrée après avoir fait mon tatouage sur la hanche, représentant une glace très girly avec un cerveau de zombie rose au lieu de la boule de sorbet, mon père m’a dit ce qu’il en pensait. Dans le flot des “pourquoi tu as fait ça”, “tu gâches ta carrière” et “tu n’as plus d’avenir”, il m’a dit qu’il trouvait mon tatouage “moche et pas féminin”. Je me souviendrai de ce moment toute ma vie. A quel point ça m’a fait mal, à quel point ça m’a touché, et surtout, à quel point j’étais triste qu’il ne comprenne pas ma démarche et qu’il ne respecte pas mes choix.
Mon meilleur souvenir ? Mon meilleur souvenir est une rencontre. Grâce à cette passion des tatouages, j’ai rencontré une superbe française habitant dans le sud de la France. Elle s’appelle Taline. La première fois qu’on a parlé, c’était pour commenter nos mutuelles photos de tatouages sur nos profils instagram, et la première fois qu’on s’est vu, on s’est mis en petite culotte pour les regarder. Avec le temps et malgré la distance, on a appris à se connaitre. Aujourd’hui, je me sens extrêmement chanceuse d’avoir rencontré ma meilleure amie, mon âme sœur au féminin, et rien que pour ça, je ne regretterai jamais d’être entrée dans la famille des tatoués.
 
Quel a été le déclic pour sauter le pas ?
Camille: C’est étrange mais aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu des tatouages, j’ai quand même attendu mes 20 ans avant de me lancer et je n’ai pas arrêté depuis.
 
Fanny: Je ne sais pas si on peut parler de déclic. J’ai toujours eu un style décalé, alors quand j’ai décidé de me faire tatouer pour la première fois, c’était une suite logique pour moi. Je ne me suis jamais posée de question.
 
Gaby: Depuis le jour où j’ai découvert cet art, j’ai voulu le faire. Déjà parce que je trouvais les tatouages magnifiques et aussi parce que j’avais mon idée de hibou en tête. Malgré ça, j’avais peur de passer le cap, peur de regretter, peur d’avoir mal et peur d’être déçue du résultat ! En fait, mon déclic a été ma mère. En effet, elle a décidé de se faire tatouer pour la première fois sur l’épaule il y a quelques années, et ça m’a donné la claque dont j’avais besoin pour arrêter d’hésiter et me lancer. Quelle grungy ma mère ! Quelques mois plus tard je faisais mon premier et je ne la remercierai jamais assez pour ça.
 
Crédit photo Camille : Damien Rigondeaud
 
T’arrive t-il de regretter ce choix ?
Camille : Comme je prends le temps de réfléchir à mes tatouages, je n’ai aucun regret sur les pièces que je porte.
 
Fanny : Absolument jamais, bien au contraire, je regrette juste d’être de moins en moins résistante à la douleur, mais c’est l’âge qui veut ça ! haha
 
Gaby : Non, jamais. Mes tatouages ne m’ont jamais empêchée d’avancer, de réussir, d’avoir un travail et d’être entourée de gens géniaux, tatoués ou non. Au contraire, ils m’ont apporté énormément de confiance en moi et m’ont permis de faire de très belles rencontres.

Quel message souhaites-tu faire passer ?
Camille: Ne vous précipitez pas, prenez le temps de réfléchir et surtout de trouver le bon artiste !
 
Fanny: Je pense que ma vie, mes choix, mon investissement dans tout un tas de sujets importants et graves - ou non- montrent  qui je suis dans un sens général. On est tatoué pour soi et cette encre n’a aucune altercation sur un mode de vie sain, bon et bien et n’intervient dans nos capacités à être de bonnes personnes travailleuses. Je pense juste qu’on nous voit peut- être de manière décalée ou marginale puisque dans la plupart des cas nous sommes des artistes et du coup, notre mode de vie est juste moins conventionnel mais ça ne nous empêche pas d’être casanier et d’adorer des soirées thé, bougies, toutou haha. Je pense que les gens tatoués devraient maintenant arrêter de s'efforcer faire passer un quelconque message. Si les gens comprennent tant mieux, sinon tant pis
 
Gaby: Je souhaite dire à tous ceux qui souhaiteraient se faire tatouer de bien réfléchir, de le faire pour une bonne raison, pas parce c’est la mode ou pour plaire à quelqu’un. Un tatouage est pour soit, au plus profond de nous-même. Et si vous le ressentez comme ça, alors brisez les barrières et lancez-vous ! La vie est trop courte pour se priver de réaliser nos rêves.
 
Merci à Gaby Owl, Fanny Maurer et Camille Pic pour leurs témoignages
Cécile Espinasse

Cécile, Rédactrice en chef beauté, 25 ans, Paris
Un surnom ? Cécile-Chou
Une lubie ? L'OR-GA-NI-SA-TI-ON
Un plat ? Le saumon (mon préféré) sous toutes ses formes
Un produit de beauté ? Le rouge à lèvres
Une devise ? Pas de bras, pas de chocolat
> https://twitter.com/cecileespinasse

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