GRAINE D’HUMORISTE : CAMILLE CHAMOUX


Photos de Cyril Bruneau

Je suis allée voir le nouveau spectacle de Camille Chamoux, “Née sous Giscard”, et franchement, c'était génial, mais vraiment quoi !
C'est le genre de one woman show qui donne des barres de rire et une pêche d'enfer tellement phénoménale que quand on en sort, on a envie d'assembler un meuble ikea ou de prendre des cours d'islandais ! Camille se donne tellement à fond sur scène !

Elle arrive aussi bien à se métamorphoser en pré-ado qu’en papi qui fait des haricots verts à sa petite fille chérie. Elle raconte son enfance, sa jeunesse, sa petite-grande vie d'adulte; tout cela avec un humour à la Friends ! D'ailleurs, on se voit bien partager un appart avec elle pour passer ses journées à faire des batailles de polochons tout en mangeant des BN à la fraise.
Vite, vite ! Prenez votre place pour vivre 1h30 de pur bonheur.
 
Paulette : Peux tu nous expliquer la genèse de ton spectacle? Comment trouves tu l'inspiration ? As tu des rituels d'écriture ?
Camille : Un jour, après une énième brocante du dimanche, j'ai eu une prise de conscience tragicomique sur ma génération: on est des fous du vintage, des cinglés de l'ancien, on mate mad men et on achète des tabourets pop tout en cuisinant des topinambours et des rutabagas comme nos grand-mères (qui, elles, ne trouvaient pas du tout ça COOL. Elles n’avaient juste pas le choix car c'étaient les seuls légumes. mais pour nous c'est trop chic, les légumes de 39-45).

Moi-même, j'ai toujours dit que je trouvais mon époque un peu nullasse. Tiède. C'est là-dessus que j'ai commencé à écrire: "j'ai des bases molles". On aime bien se dire que notre époque n'est pas glorieuse. c'est pratique, comme ça ce n'est pas notre faute !
Aujourd'hui, la nostalgie fait vendre. Elle est partout : dans les looks, dans les humeurs, dans les publicités.  Mais fuck la nostalgie. C'est un beaucoup trop bon prétexte pour pas se relever les manches.
C'est ça que j'ai voulu raconter.

“Ma source d'inspiration permanente, c'est ma génération, mes amis et moi.”

J’aime m'asseoir dans un café, seule ou à plusieurs, écouter, noter, ce qui se dit autour de moi et aux tables d'à côté. Et surtout, les débriefs. On est la génération du débrief ! Tout ce qu'on vit, on se le raconte, ça fait des bonnes histoires. A croire qu'on vit les trucs pour les raconter parfois. Alors après, j'ai plus qu'à aller sur scène, et tout ressortir. Je suis une vieille pilleuse en fait.

Dans ton spectacle, tu fais dire à un de tes personnages que “l'existence se résume à essayer d'avaler le reste d'un  biscuit Pepito qui n'a  plus son nappage au chocolat”. Pour toi, y a t-il encore de quoi réaliser ses rêves?
Déjà, avoir des rêves, c'est chouette. Moi, les gens qui rêvent pas, ils m'emmerdent. Après, tenter de les réaliser, c'est le parcours d'une vie. Bien sûr que j'y crois. Mais le plus excitant c'est le trajet, non ? Une fois que t'es devant le beau coucher de soleil, tu dis: "Oh, c'est beau !", mais tu te fais un peu chier, en vrai. En revanche, le long voyage pour arriver jusque là, avec les piqûres d'insectes, les galères et la marche à pied dans la canicule, tu t'en souviendras toute ta vie. C'était cool, finalement.



Tu as un corps de rêve qui te permet de poser en maillot de bain, genre grande classe ! Tu nous donnerais tes petites astuces coquettes !
Héhé, je te kiffe paulette. J'aimerais te raconter que je fais du pilates et du yoga deux fois par semaine. Mais ça, par exemple, c'est dans ma vie rêvée. Je tends vers cette réalité sans y parvenir… En vrai je cours de temps en temps aux Buttes Chaumont. Mais je fais un échauffement de danse classique tous les soirs avant le show, et 4 salutations au soleil le matin. (Tu tapes sur Google : salutation au soleil, c'est trop simple tu vas voir). Aussi, je saute des repas parce que j'oublie de bouffer quand je suis pas avec quelqu'un à l'heure du dej. Aussi, je me mets au soleil dès qu'il y a du soleil, ou bien j'y vais dès que je peux, parce que sinon je meurs. Aussi et pour finir, un bon orgasme vaut mieux que deux subsituts protéinés hein !

Quels sont tes futurs projets ?
Je joue dans le film "Les Gazelles" de Mona Achache qui sort le 26 mars. Et tous les soirs je raconte mon petit complexe d'être née sous Giscard. Donc déjà, que ces deux oeuvres existent dans le paysage, et que les gens viennent au théâtre et au cinéma pour les voir, ça me prend un peu d'énergie.
Mais tu as raison, Paulette, il faut penser à l'avenir. Avec Mona, qui est devenue mon deuxième cerveau, on réfléchit à un deuxième projet. Et avec Cécile Sellam (ma co-scénariste) aussi, on écrit une pièce.
Et puis tout ce que les gens auront envie de me faire faire, du moment que ce sont des artistes et pas des marchands de billets, qu'ils me parlent gentiment et qu'ils me disent qu'ils m'aiment, je le ferai. Je suis comme ça moi Paulette tu sais : je crie beaucoup, mais quand on me dit qu'on m'aime, je dis d'accord.

Si je dis Paulette, tu me dis ?
Lève la tête. (Parce qu'au loin, regarde : c'est la fête.)

Née sous Giscard, par Camille Chamoux
Mise en scène de Marie Dompnier

Du 18 février au 26 avril 2014
Du mardi au samedi à 21h
Théâtre du Petit St-Martin
17, rue René Boulanger, 75010 Paris
 
Sandrine Capelle

Sandrine, journaliste littéraire, 30 ans, Paris
Une lubie ? Me lever en pleine nuit pour manger un morceau de camembert trempé dans du ketchup
Un dessert ? Le Paris-Brest
Un film ? Les amants, de Louis Malle
Un endroit ? N'importe quelle plage dans le monde
Une fringue ? Les mitaines

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