COUP DE COEUR : LA PIÈCE DE THÉÂTRE DERRIÈRE LES MONTAGNES




Derrière les Montagnes est une pièce de théâtre où les non-dits tombent comme de gros flacons de neige sur les âmes sombres d’une mère torturée et de son fils en attente d’amour.

Le lourd rideau rouge s’ouvre sur un face à face cruel entre une mère, Catherine, jouée par l’iconique Joana Preiss et son fils adoptif, Seroja, joué par Olivier Chenille, qui a un regard magnétique.

Elle est partie le chercher derrière certaines montagnes, du coté de Budapest. Le fleuve du Danube continue paisiblement à couler mais pendant ce temps-là, la mère et son fils, se déchirent. Elle n’en voulait pas vraiment de cet enfant d’une autre. De plus, le jour où, par miracle, elle tombe enceinte et donne naissance à un fils, prénommé Antoine, la chair de sa chair, la tempête éclate. Les signes de préférence sont de petits poisons qui, peu à peu, rongent le cœur. On imagine un pavillon avec piscine, calme au dehors, et plein d’une violence contenue à l’intérieur. Le père, dans cette relation toxique, paraît lointain. Le matin, on attend amèrement la fin de la journée. Mais un drame bruyant survient : Antoine a disparu. Où est-il ? Est-ce que quelqu’un lui a fait du mal ? Une montagne, ça peut nous abriter des vents glaciaux comme ça peut nous faire tomber dans une crevasse ou un ravin qui nous laisse seul et désemparé.

Je suis allée voir cette pièce un jour de pluie. Nous étions tous serrés sur nos petits sièges mais je crois que cette promiscuité forcée ne nous a pas gênés, bien au contraire, un peu de chaleur humaine, pour contempler ce désastre cruellement humain n’est pas de refus. Joana Preiss est extrêmement juste en mère ambivalente et rongée par la culpabilité. Quant à Olivier Chenille, sa mise en scène est parfaite d’un point de vue esthétique. Et que dire de la musique signée du groupe AaRON qui est purement excellente et traduit au mieux les tracas profonds des deux protagonistes. Courez-y vite !



> Derrière Les Montagnes
Une pièce d'Olivier Chenille
Avec Joana Preiss et Olivier Chenille
Musique : AaRON
Du 24 avril au 9 juin à 20h30
Théâtre du Marais, 37 rue Volta 75003 Paris
Sandrine Capelle

Sandrine, journaliste littéraire, 30 ans, Paris
Une lubie ? Me lever en pleine nuit pour manger un morceau de camembert trempé dans du ketchup
Un dessert ? Le Paris-Brest
Un film ? Les amants, de Louis Malle
Un endroit ? N'importe quelle plage dans le monde
Une fringue ? Les mitaines

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