CLAIRE LAFFUT, MA VIE DE SLASHEUSE

Crédit : Elodie Daguin

Notre cover girl du numéro Tout Schuss (janvier-février 2016) cumule plusieurs métiers par envie. Ancienne mannequin, l’artiste de 23 ans fait de la peinture, crée des meubles et s’est lancée très récemment dans la musique. Son premier single, Vérité, est sorti en début d’année, suivi de Mojo, la semaine dernière. Pour les besoins du clip, dévoilé lundi et réalisé par les Bardos, Claire Laffut s’essaie pour la première fois à la mise en scène et y glisse plusieurs objets d’art qu’elle a elle-même dessiné. Rencontre.

 


Propos recueillis par Alexandra Dumont


Sur ton nouveau single, Mojo, tu dévoiles un penchant pour le reggae, un style qui te va bien et qui a ta préférence, je crois ?
Oui, j’adore ! Je le trouve solaire, dansant et feel good. Pour autant, ça ne fait pas très longtemps que j’en écoute. C’est mon copain qui m’a fait découvrir. Il est musicien lui aussi. J’ai été saisie par la portée des paroles qui véhiculent des valeurs fondamentales comme la liberté et l’amour, sans employer des figures de style. C’est tout simplement vrai ! J’aime cette spontanéité dans l’écriture et je m’en inspire pour écrire mes chansons. Je parle comme j’écris, en improvisant le plus souvent sur des boucles de notes qui tournent pendant une heure.
 
Tu composes avec Tristan Salvati, pourtant tu as pris des cours de piano quand tu étais plus jeune. Ça ne t’intéresse pas de maîtriser complètement l’aspect technique des chansons ?
La musique, c’est assez récent pour moi, et ça regroupe tout ce que j’ai pu faire par le passé, donc je voulais voir ce que ça provoquerait chez moi de travailler avec quelqu’un. Le piano, j’en ai fait, mais je ne le pratique pas à très haut niveau. C’est pour ça que je ne me suis pas encore aventurée dans la composition. Je crée mes mélodies à la voix et je me repose sur mon entourage qui est capable de les recréer à la seconde. Je pense que la composition me tombera dessus quand je m’y attendrais le moins (Sourire).
 
Quel était ton rapport à la musique quand tu étais enfant ?
J’écoutais beaucoup de musique avec mon père quand j’étais petite. J’avais un rapport assez fanatique aux artistes, comme Avril Lavigne ou Jenifer, ce genre de personnalités fortes. À partir du moment où j’ai commencé à en faire, je ne l’ai plus écouté de la même manière. C’est plus intellectualisé. Je suis très attachée aux beaux textes et aux belles mélodies.
 
Qu’est-ce qu’être une femme dans la musique aujourd’hui ?
Ce n’est pas si différent d’un homme. Parler avec son cœur, écrire des choses qui ont du sens pour soi.
 
Tu es peintre avant d’être chanteuse. Qui t’a donné le goût de peindre ?
Je dessine depuis petite. Quand je suis devant une feuille blanche, j’oublie le temps, et je peux passer des heures sur un dessin. Mon côté perfectionniste (Sourire). En classe, soit je dormais, soit je dessinais, j’étais un peu rêveuse. J’ai aussi pris des cours de piano, de danse, de théâtre. J’avais une deuxième école après l’école, l’Académie. J’avais besoin qu’on me stimule créativement parlant.
 
En quoi la peinture influe-t-elle sur ta manière d’écrire et vice-versa ?
C’est le son qui m’inspire des couleurs et le texte qui m’aide à composer la toile. Les notes tristes vont plutôt m’obliger à aller vers des couleurs froides comme le bleu, le vert, le noir et le pourpre. Et si je suis heureuse, j’irai vers le rouge ou l’orange. J’invente une sorte de langage qui me permet d’expliciter mes questionnements. Je parle surtout de vieux souvenirs, sur lesquels j’ai un peu plus de distance, comme ma première grosse rupture il y a trois ans ou le moment où je suis partie de chez ma mère (elle avait 16 ans, ndlr).
 
Comment a évolué ton coup de crayon ?
Il faudrait que je t’explique comment je vis et comme je respire. Ma vision évolue et ça s’affine.
 
À quelle autre forme d’art es-tu sensible ?
J’adore le design ! Mon père est un fou de brocantes. Il chine des vieux objets, décore en mélangeant les styles et pourtant ça donne une harmonie spectaculaire. J’y suis sensible depuis toute jeune. Mon objectif, ce serait de construire ma maison idéale où chaque meuble est un objet d’art. On pourrait même la visiter (Sourire).

Crédit : Elodie Daguin
 
Tu es ce qu’on appelle une slasheuse, ivre de projets en tout genre. C’est pour cette raison que tu as choisi de vivre à Paris ?Pour les innombrables perspectives que cette ville pouvait t’offrir ? 
Non pas vraiment, c’était surtout faire table rase de mon enfance et ouvrir une page blanche. Tout ce que je fais c’est le fruit de rencontres et d’histoires d’amour qui me font prendre un cap différent.
 
Qu’est-ce qui te guide toujours avant de t’engager dans un nouveau projet ?
Si j’aime, si j’ai le temps, si le cœur m’en dit, et si ça n’est pas trop éloigné de ce que je fais par ailleurs, car sinon les gens ne vont plus s’y retrouver (Rires).
 
Quels sont tes exutoires ?
Voyager, me balader ou ne rien faire au soleil. C’est dans les choses les plus simples que je trouve le bien-être. Il y a des choses tellement plus nourrissantes et plus spirituelles dans la Nature que sur les réseaux sociaux où tout le monde passe son temps. Se sentir belle, c’est si éphémère. Le vêtement vieillit lui aussi. L’image, la mode, la publicité, c’est un monde parallèle complètement faux. J’y étais un peu trop sensible au début, quand je faisais du mannequinat (de ses 18 à ses 22 ans, ndlr).
 
Quel est ton rapport au beau ?
Il change énormément en ce moment. Le beau n’est plus dans les choses futiles, la forme physique. Il est dans un regard ou une intention qu’on partage avec un inconnu ou avec son amoureux. Il est dans la Nature. 
 
De quoi rêvais-tu quand tu étais petite fille ?
Je voulais être fermière ou star, ma façon de dire tout ou rien !

 

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