CARTE POSTALE : LE CAP VERT

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Bom dia de Cabo Verde Paulette,

Cabo Verde, mais c’est où ça ? Effectivement cet État insulaire d'Afrique de l'Ouest composé d'un archipel de dix îles volcaniques au large de l’Afrique de l’Ouest situé dans l'océan Atlantique, à 570 kilomètres au large des côtes de la Mauritanie, de la Gambie et du Sénégal, est bien méconnu.

L'archipel se divise en deux séries d'îles : au sud les îles de Sotavento, “sous le vent” (Brava, Fogo, Santiago et Maio) et au nord les îles de Barlavento, “au vent” (Boa Vista, Sal São Nicolau, Santa Luzia, São Vicente et Santo Antão).

Santiago comprend à elle seule plus de la moitié de la population du pays, dont la capitale, Praia. Toutes ces îles ne sont pas facilement connectées entre elles, puisque la majorité ne peut se rejoindre qu’en avion (parfois pour des vols de 10 min à 120 euros l’aller/retour, sic !), je n’ai donc visité que deux des îles du Sud, Santiago et Maio que je te fais visiter ici.

Un peu d’histoire pour commencer…. Le Cap Vert est une ancienne colonie Portugaise, on raconte d’ailleurs que les îles n’étaient pas peuplées avant l’arrivée des premiers colons en 1460, ainsi cet archipel fut marqué par le trafic des esclaves qui allaient former quelques siècles plus tard, une des populations les plus métissées de l’Afrique de l’Ouest. Cette particularité du cap vert fait qu’il y est tout à fait normal de ne pas remarquer la couleur de peau de l’autre, ainsi la société Cap Verdienne, multiraciale de facto, fait preuve d’une absence totale de préjugés raciaux , ce qui est fort appréciable.



En plus de n’y trouver aucune population humaine, les colons au XV é siècle découvrent également une terre aride, volcanique (un volcan est toujours en activité sur l'île de Fogo, le Pico de Fogo haut de 2 829 m et dont la dernière éruption date de 2014), et où l’eau – en dehors de celle de l’océan - était une ressource rare. Les Cap Verdiens parlent d’ailleurs d’une légende qui raconte que le Cap Vert fut la dernière terre crée par Dieu avec le reste de pâte qui lui avait servi pour la Création du reste du monde. Il aurait malaxé des petits bouts de cette pâte et les auraient lancé au hasard dans l’espace, créant ainsi de petites îles au milieu de l’océan Atlantique. Le problème c’est qu’il lui restait certes un peu de pâte, en revanche Dieu n’avait rien de plus à apporter à ces petites îles, pas d’eau, pas de plantes…La légende poursuit en disant que des membres de l’entourage de Dieu lui firent remarquer, mais Dieu leur répondit qu’il avait déjà crée tant de bonnes terres ailleurs dans le monde, que les hommes ne devraient jamais venir habiter ces terres rocheuses. Selon la légende, l’archipel aurait donc dû rester à jamais vide de toute présence, néanmoins les colons en décidèrent autrement et changèrent à jamais le destin du Cap Vert.

Ce sont alors des milliers d’esclaves noirs en provenance des côtes africaines, mais aussi quelques esclaves blancs venus d’Europe, ou encore des juifs persécutés par l’Inquisition qui vinrent peupler ces terres arides.

Commençons notre petit tour par l’Ile de Santiago, l’île la plus Africaine de l’Archipel me disent les Cap Verdiens. Santiago, on y arrive par Praia, la capitale du cap Vert. Le quartier Achada Santo Antonio est un quartier agréable pour s’y balader et voir le cœur économique de Praia, le quartier Sucupira pour aller au grand marché de la ville et se rappeler qu’on est en Afrique, et le quartier Palmarejo est celui où l’on va faire la fête, au “Cockpit” ou au “Warehouse”.



Le Clou du spectacle à Praia est un bar mythique, le Quintal Da Musica situé au quartier Plato, et où se produisent chaque soir - sauf le Dimanche - les plus grands groupes de musique cap verdienne.

Cesaria Evora y est d’ailleurs passée, comme en témoignent les nombreux portraits accrochés au mur, répertoriant les artistes venus s’y produire. On y va donc vers 21h pour écouter de la musique tout en mangeant une nourriture savoureuse, et en sirotant une Caipirinha non moins fameuse !

A quelques Kilomètres de Praia, on peut visiter la ville de Cidade Velha première ville coloniale construite par les Européens sous les tropiques qui a conservé d'importants vestiges, dont deux églises, une forteresse royale et la place du Pilori avec sa colonne de marbre. Cette ville inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 2009 permet de voir la première église construite en Afrique subsaharienne ainsi que la Rua Banana, la plus ancienne rue coloniale au monde.



Après avoir passé une journée et une soirée à Praia, pas vraiment besoin de plus de temps, direction le centre de l'île à la recherche de paysages montagneux et de verdure. Enfin… la verdure cela dépend du moment de l’année où l’on s’y rend, mais ma chère Paulette, je ne saurais que trop te recommander d’y aller entre septembre et novembre, où les pluies permettent de créer un havre de verdure au centre de l’île et surtout de profiter de fabuleuses cascades et des piscines naturelles, crées par les eaux de pluie a Sao Jorge Das Orgaos, dans la zone du jardin botanique.

Aujourd’hui c’est samedi et les cap verdiens profitent eux aussi de ces cascades naturelles. Au programme trempette au son de la musique cap verdienne, le tout agrémenté d’un verre de grogo (le rhum local) que les locaux ne manqueront pas de vous offrir, et le dimanche souvent les couples y viennent aussi pour danser à l’ombre des arbres !



Dernière étape sur l’île de Santiago à la Pointe Nord-Ouest de l’île, la ville de Tarrafal qui n’est pas une très jolie ville en soi vu que les 2/3 des maisons de la ville ont été commencées mais jamais finies, mais le centre ville est plutôt mignon avec sa place principale et son grand marche. Il règne à Tarrafal une atmosphère très sympathique, la plage est la plus belle plage de l’île de Santiago, et on y trouve également quelques très bons spots de surf méconnus et donc non surpeuplés ! Mais surtout quand le temps est clément, on y voit de spectaculaires couchers du soleil au dessus du volcan de l’île de Fogo, en face.



Ultime étape du voyage ma chère Paulette, l’île de Maio. Joyau de 13 km de large sur 26 Km de long, la belle île de Maio est encore peu fréquentée par les touristes, même si des promoteurs italiens, allemands et Français commencent à s’y intéresser sérieusement.

On s’y rend en bateau depuis le port de Praia (2 traversées par semaine) pour un voyage épique de 3h30 pour seulement parcourir 25 km ! Mais lorsqu’on arrive on est pas déçus, puisque Maio est une île qui a su préserver son authenticité et qui offre aux visiteurs ses splendides plages de sable blanc et ses dunes. L'île dispose de nombreux sites touristiques à découvrir, et l’on peut y faire pas mal d’activités nautiques.





> Mon Best of :

1) Flâner dans les ruelles du village de pêcheurs de Calheta, bordées de maisons colorées, typiques du Cap-Vert.

2) Profiter et se prélasser dans le sable fin des magnifiques et désertes plages de Praia Preta (attention au courant) et de de Pau Seco.



3) Déguster quelques bons plats typiques à base de poisson, de langouste grillée ou de cigale de mer au délicieux bar et restaurant de la plage, le Kaza Tropikal, tenu par une néo Zélandaise et son mari Suisse Allemand. La nourriture y est à tomber, et “l’happy hour Capirinha” pour le coucher du soleil est juste divin !



Ça y est il faut déjà partir, le bateau nous attend pour regagner Praia et reprendre l’avion pour Paris via Lisbonne. Sur le bateau, je regarde au large, je ferme les yeux et je me remémore la douce mélodie et la voix mélancolique de Cesaria Evora : “Sodade, Sodade…” terme créole qui exprime une tristesse empreinte de nostalgie….

Bisous ma Paulette !

> Cet article a été écrit par Nathalie Weisman
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