CARTE POSTALE : HAMBOURG


Collage d'Hélène Gruenais

Les brochures touristiques disaient qu'on y franchit plus de ponts qu'à Venise, et que le port magistral de cette ville carrefour était le plus grand d'Europe. Mes amis qui en reviennent ont les yeux qui brillent et la voix qui tremblent, ceux qui y sont n'en veulent plus repartir.

 
Je voyais Hambourg comme une grande ville grise, sa brume parfois traversée d'un haut mât de voilier. Je découvre les néons multicolores d'une cité qui ne dort pas la nuit, et je découvre la brique rouge reflétée dans l'eau, l'eau qui est partout.

 

 
Hambourg s'éparpille dans les bras de l'Elbe, des canaux la saignent et la parsèment. La ville farouchement fière et indépendante est le gosier de la mer du Nord où s'engouffrent de gros bateaux et leur containers, attirant prospérité et rades mal famées...

 

 
Des belles et riches avenues chics d'un blanc éclatant, on passe à la Reeperbahn, Sankt Pauli, point d'arrivées des marins qui y trouvaient femmes et alcools.
 

 
L'ambiance de la Reeperbahn, ce n’est pas rien : bar dégueus, sous sols d'after d'after d'after, cabarets et sex shops, festival géant de rue, mêlant tous les soirs les touristes, les junkies, les bastons, les Hambourgeois, tout ceci qui tourne et se mélange dans un quartier qui semble n'en plus finir.
 

 
La ville est verte, les barbecues grillent les saucisses dans les parcs. On respire et on flâne, un Fritz-Cola ou une Astra à la main, le coca et la bière de Hambourg - une bière légère et petite, tatouée d'une ancre et d'un coeur. Ils sont sensibles ces marins. C'est vrai que les Georges de Hambourg ont l'air de marins. Le Georges hambourgeois est grand, et les yeux bleus plissés par le vent de la mer... De vrais vikings dans cette ville !

 
Cette découverte me fait battre le pavé avec un œil aux aguets, je suis maintenant dans Altona et papillonne de friperies en boutiques bobos, admirant l'architecture riche et multicolore, les petites rues pavées,  et la vie détendue.

 
On passe près du Bunker, un bloc haut et large comme 5 étages au milieu d'un terrain vague, bunker qui servait à abattre les avions ennemis pendant la guerre. Maintenant, on y fait la fête : clubs et salles de concerts...

 
De minimale en dubstep, il est 6h du matin. Le jour est déjà là et on a raté le lever de soleil. Qui se doit d'être vu sur le port. On y file quand même, se dégotter un fishbrot, sandwich de poisson acheté à la criée, étape indispensable avant de rentrer dormir.
 

 
Au marché au poisson, l'ambiance à 6h du mat c'est fêtard versus famille de touriste, un drôle de mélange. On fait face à l'eau, un sourd grondement nous réveille un peu. C'est la trompe du Queen Mary II, immeuble flottant qui passe nonchalamment devant nous. On rentre et des familles de lapin détalent dans la rue devant nous.

 
Hambourg m'émerveille. Et je pense à la chanson de Piaf …
 
C'est à Hambourg, au ciel de pluie
Dans les bastringues à matelots
Que je trimballe encore ma peau
Les bras ouverts à l'infini

VOUS AIMEREZ AUSSI

Utilisation des cookies

Découvrez comment fonctionnent les cookies et comment changer vos paramètres. Si vous continuez à utiliser notre site sans changer vos paramètres, vous consentez à l’utilisation de cookies sur notre site.