BOUQUINS : COUP DE COEUR POUR DÉSÉRABLE ET AUBENAS

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Deux livres à lire cet hiver dans le métro ou sous sa couette au chaud avant de s’endormir
 
> Tu montreras ma tête au peuple, de François-Henri Désérable
 
En lisant ce livre, j’ai complètement oublié que j’étais dans le métro parisien. J’ai vraiment eu l’impression d’être au temps de la révolution française, à la Conciergerie, dans un cachot sombre et humide, en compagnie de Charlotte Corday ou Camille Desmoulins. Nous les accompagnons dans leur ultime nuit sur terre quand ils arrivent encore à respirer, à toucher leur visage et à faire bouger leur bouche qui exprime leurs dernières pensées. On peut imaginer leur obsession à vérifier que leur cou tient encore au reste du corps. Il ne s’agit pas ici de la grande Histoire car elle s’est façonnée d’elle-même mais de décrire cet entre-deux où l’on ne sait plus quoi faire de sa peau car on sent sa fin proche.
Les derniers jours de Marie-Antoinette sont saisissants de réalisme : elle a de graves problèmes gynécologiques et ne sait pas du tout ce que sont devenus ses enfants. Une reine déchue qui imagine sa tête jetée dans un caniveau. François-Henri Désérable par son talent, arrive à se mettre à la place de ces figures historiques d’une manière extrêmement vivante.  On en redemande ! Vive Désérable !
 
 
Éditions Folio
Sortie le 6 novembre
Prix : 6,20 euros


> En France, de Florence Aubenas
 
Fidèle à l’esprit du Quai de Ouistreham, cet ouvrage nous fait entendre la voix de ceux et celles que Florence Aubenas a rencontrés ces deux dernières années au fil de ses reportages. A travers ces récits de vies multiples se dessine une France prise dans l'aventure du quotidien. Aucun jugement. Juste des humains qui racontent leur existence et leur vie rêvée.
Ils sont agriculteurs, ado maman, garagiste ou baby-sitter. Ils comptent leurs sous et rêvent d’un appartement assez grand pour abriter leurs espoirs qui sont en vrac : avoir son propre garage, son permis de conduire, ouvrir un restaurant et surtout trouver l’amour, celui qui console des mauvais jours. Ce livre raconte nos destinées avec bienveillance et me fait penser à cette phrase du poèteRainer Maria Rilke : “Peut-être tous les dragons de notre vie sont-ils des princesses qui attendent, simplement, de nous voir un jour beaux et vaillants”.
 
 
Editions de l’Olivier
Sortie le 16 octobre
Prix : 18 euros
Sandrine Capelle

Sandrine, journaliste littéraire, 30 ans, Paris
Une lubie ? Me lever en pleine nuit pour manger un morceau de camembert trempé dans du ketchup
Un dessert ? Le Paris-Brest
Un film ? Les amants, de Louis Malle
Un endroit ? N'importe quelle plage dans le monde
Une fringue ? Les mitaines

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