BATTLE SÉDUCTION : TACTEEL VS LAFAYETTE

 
 
Avant d’interviewer les deux artistes du label Entreprise, Lafayette et Jérôme Echenoz (Tacteel), je leur propose – histoire de pimenter cette rencontre - une Battle de séduction.

Avec humour et charme, ils acceptent tous les deux de se prêter au jeu même s’ils laissent, en quelques minutes, leur stress apparaître. On commence donc cet entretien croisé avec quelques mots pour vous les Paulette, lisez plutôt…
 
Paulette : Jolie fille à l’horizon, comment te présentes-tu à cette fille ?
Jérôme Echenoz : Je ne me présente pas, je suis bien trop intimidé… Il faut essayer d’être un peu drôle et en même temps, convaincant.
Lafayette : Je tente le tout pour le tout. Une blague, histoire de détendre tout le monde. Soit elle rigole et après j’enchaîne sur quelque chose, soit…
Jérôme Echenoz : Soit c’est un fou et c’est Lafayette !
 
"C'EST DUR DE DRAGUER UNE FILLE QUE TU NE CONNAIS NI D'EVE NI D'ADAM"

De quoi lui parles-tu ? Comment attaques-tu ta drague ?
Lafayette : Ahah c’est une vraie question, on n’est pas terrible en fond, on est meilleurs en forme !
Jérôme Echenoz : Tu lui parles de… "Qu’est-ce que tu fais là ? C’est génial !"
Lafayette : Ah ouais, toi tu fais ça ?
Jérôme Echenoz : Non ! Jamais… Je fais partie de ceux que l’on met dans la case "cuisine-bière".
Lafayette : Moi j’essaie de parler avec elle, de tout et de rien, je tente de lui montrer que je suis sympathique – ce que je suis profondément. Je lui fais des blagues et après, advienne que pourra ! Je ne la colle pas, je la recroise dans 2h ou pas. Super technique, je te la recommande ! Pourcentage de réussite : 5%. Mais bon, en général c’est dur de draguer une fille que tu ne connais ni d’Eve ni d’Adam. Le plus simple quand même, c’est de draguer une fille que tes amis te présentent, quelqu’un en commun.
Jérôme Echenoz : Ah oui ? T’es comme ça ?
Lafayette : C’est du style, "Tiens, t’es une amie de…, Ah c’est marrant, moi aussi, c’est sympa ici… On s’en va ?"


 
Si la fille devient un peu curieuse et elle te pose des questions sur ton univers, ta musique, qu’est-ce que tu réponds ?
J.E : Euh… Voilà, je lui réponds ça !
L : Je lui dis qu’effectivement, je fais de la musique, mais je n’aime pas trop en parler, ce n’est jamais une technique de drague.
J.E : On n’aime pas trop, ni l’un ni l’autre, parler de nous. Imagine la situation, tu rencontres un type dans une soirée, c’est un musicien, et il se pointe directement vers toi et te dit : "Salut, moi je sors un maxi chez machin, je viens de finir un duo avec truc, j’ai fait une belle date à Clermont-Ferrand là…" Tu le regardes et tu dis forcément que ce type est prétentieux ! J’essaie tout le temps de me mettre à la place de la fille, de trouver le côté féminin, comment est-ce qu’elle serait séduite…
L : Pas mieux. Copier / Coller.
 
Finalement, ça ne marche pas du tout d’être chanteur ou producteur…
L : Peut-être que ça marche socialement mais se vendre comme ça, je trouve que c’est un peu dur, ce n’est pas très charmant…
J.E : On est des multicartes !
L : On bricole beaucoup !
J.E : Lafayette est un fin cuistot, il peut briller en société comme ça ! Briller autrement qu’en disant que l’on fait de la musique.

"ON EST DES MULTICARTES !"
 
Tout fonctionne bien et tu invites la fille chez toi, elle entre dans quel univers ? Qu’est-ce qu’elle trouve comme Cds, DVD, objets ?
L : Un univers de chambre de garçon !
J.E : Des fenêtres, une table, un canapé.
L : Déjà elle arrive, moi je vis avec ma copine, donc… (Rires)
J.E : Et moi, elle tombe sur ma femme (Rires)
L : Donc bon, normalement elle est mal-à-l’aise, si elle ne l’est pas, là je me dis… Peut-être que je rêve, je me pince. Puis je réfléchis bien à ce que je vais faire, peut-être que je vais le regretter. Je me dis "T’as bu trois verres, demain ça va être la misère… C’était une connerie, tu t’es emballé." Mais imaginons qu’il n’y a pas ma copine pour x raisons – même si je ne le ferais pas car j’aime ma copine-et bien… Non, il y a ma copine, elle est toujours chez moi ! C’est chez nous en fait.
J.E : Et en principe, ta copine est à la soirée où tu as rencontré la fameuse fille !
L : C’est très rare que l’on ramène une fille ensemble. Peut-être dans une dizaine d’années quand on sera plus vieux, plus mûrs !
 
Bon bah merci les mecs, vous me ruinez mon idée d’interview…
L : Et là, tu vois les stats de Paulette magazine qui chute depuis cette annonce…
 

 
Plus sérieusement, quelles sont vos influences musicales, vos références pour chanter ?
J.E : De la pop des années 60 beaucoup, un peu de chanson française, sans obsession. Ou des choses récentes, pas forcément que des choses des années 80 qui est la référence en matière de pop française. J’écoute du classique, du rap. En revanche, chez moi j’écoute assez peu de musique.
L : Moi c’est assez similaire mais j’écoute moins de Hip-Hop, à part Snoop Dog, c’est mon maître ! Pop sixties, Les Beatles, Les Beach Boys. Après on passe aux années 70, on va dire les Talking Heads, tout ça. Années 80, en français, Elli et Jacno, Mikado et compagnie. Années 90, j’en écoute plus trop. Années 2000, il y avait quoi dans les années 2000 ?
J.E : Beaucoup de musique électro dans les années 2000.
L : Donc voilà, puis il y a les disques ringards que tu trouveras chez moi, par exemple Brian Ferry.
J.E : Alors là, je ne suis pas d’accord ! Franchement non !
L : Mais moi j’aime bien les disques de reprises de Brian Ferry, tu vois, genre la musique de croisière. J’ai un faible pour les mecs en veste blanche qui chante pour les vieilles femmes.
J.E : C’est ce que tu appelles la "croone" ?
L : Et oui !  
 
"SNOOP DOG, C'EST MON MAITRE !"
 
Et toi Jérôme, quel serait ton disque inavouable?
J.E : Honnêtement, il n’y a pas de disque inavouable, même si on se fout de ma gueule parce que j’aime bien Tears for Fears. Mais j’insiste un peu…
 
Pourquoi vous avez tous les deux décidé de chanter en Français ?
L : Jérôme ne parle que l’allemand déjà… (Rires)
J.E : Voilà c’est ça ! Avec notre label Entreprise, on a parlé longuement, est-ce que l’on faisait un truc solo dans la langue de Goethe, ou… (Rires). J’ai fait beaucoup de rap avant, et quand tu fais du rap, tu fais du rap français. Le fait d’écrire ses textes, le côté évident d’écrire en français explique qu’au moment où j’ai voulu faire autre chose comme musique, écrire des chansons, je ne me voyais pas du tout écrire en anglais, je trouvais ça mystérieux. Et c’était d’autant plus naturel pour moi vu que j’étais baigné dans une musique rap en français.
L : J’ai fait l’inverse, j’avais un groupe de pop en anglais avant (ndlr : le groupe One Two), j’ai l’impression que c’est un truc d’âge. J’avais l’impression au bout d’un moment de faire du yogourt "I wanna get ehjrhidhej". En vieillissant un peu, ça m’a paru plus intéressant d’écrire dans ma langue parce que je trouvais que les mots avaient une résonnance affective, et pour moi et pour ceux qui écoutaient, que l’anglais. C’est un nouveau challenge après des disques en anglais.


 
Avant de chanter en solo, qu’est-ce que tu faisais ?
J.E : j’ai grandi à Paris, je n’ai pas fait des études… enfin, j’ai fait des études littéraires.
L : T’as fait quoi ?
J.E : Une classe prépa ! J’ai fait hypokhâgne, khâgne, pendant trois ans et après un peu de fac où je me suis ennuyé. Le moment où la musique est devenue importante, c’est avec le rap en 1989. J’ai découvert Public Enemy. Là je me suis dit, il se passe un truc, ça m’a changé. J’en ai fait en amateur jusqu’à ce que ça débouche sur un projet plus pro.
L : Beau parcours Jérôme ! Moi je suis né à Rouen, je suis parti à 17 ans, j’ai fait l’école du Louvre et j’ai arrêté au bout d’un an. Puis j’ai fait une fac d’histoire et j’ai arrêté. Et j’ai commencé la musique. Je ne sais pas vraiment pourquoi j’ai commencé, je crois que j’ai été influencé par les groupes de french touch, Air et compagnie… Les Français faisaient des trucs bien, ça m’a motivé.
 
J’ai en fait deux gros intellos devant moi…
L : C’est exactement comme ça que l’on drague !
 
"ENTREPRISE, C'EST UN LABEL DE PASSIONNES DE MUSIQUE, QUI ONT DES COUPS DE COEUR"

Et votre label, Entreprise, qu’est-ce qu’on peut en dire ?
L : Là, il faut dire du bien. C’est Benoît et Michel, deux garçons ultra sympathiques. Mais c’est surtout un des rares labels qui ne signe pas forcément des choses pour avoir un succès commercial, même si avec nous deux ils en ont un immense de succès…
J.E : Le buzzomètre est au top !
L : C’est un label de passionnés de musique, qui ont des coups de cœur.
J.E : Moi ce que j’ai bien aimé quand on a commencé à bosser ensemble, c’est qu’ils m’ont tout de suite dit qu’ils aimeraient suivre le processus de réalisation des morceaux et pas seulement avoir les morceaux définitifs. Ils voulaient revenir à un travail de production et de direction artistique, ils voulaient en faire le cœur de leur métier. C’était bien d’avoir des interlocuteurs stimulants et réguliers. C’est rare !
 
Dernière question qui clôture la boucle, cette fille est peut-être une de nos Paulette, qu’est-ce que vous avez envie de dire – dernière chance – à nos lectrices ?
L : J’aime bien les filles qui ont des vestes à épaulettes… Mauvais jeu de mots.
J.E : Viens me voir, promis on ne regardera pas Star Wars, j’ai des films plus cool…
 
LABEL ENTREPRISE                                    

 
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